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La stagnation et l’ennui au travail conduisent autant à l’anxiété et à la dépression que des responsabilités importantes et nombreuses.
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Ennui au travail, stagnation, démotivation,...Comment en arrive-t-on à cette situation ? La cause peut avoir des origines lointaines. Une mauvaise orientation scolaire mène fatalement à un métier qu’on n’aurait pas aimé exercer. Le désintérêt qui peut s’ensuivre réduit alors toute possibilité de progression. La même situation se reproduit quand on est contraint d’accepter un emploi, faute de mieux. Les cas de figure sont très nombreux mais, très souvent, la stagnation est vue comme le fait de rester pendant longtemps à un même poste ou un même grade. C’est aussi «un sentiment qui peut être éprouvé au niveau de la rémunération et des conditions de travail, du développement des compétences et de l’apprentissage, de la gestion de carrière ou encore, au niveau des missions attribuées», explique Nawal Jaï, consultante au cabinet Diorh. Ce dernier point correspond exactement à la mésaventure de notre responsable marketing qui n’avait réellement rien à faire parce que le poste est tout simplement surdimensionné par rapport à la taille de l’entreprise.
La solution la plus radicale quand on est dans une telle posture, c’est de changer totalement d’orientation parce que, très souvent, l’épanouissement de soi s’avère beaucoup plus important que l’aspect financier. Le cas de Jamal L. est édifiant. Ce jeune diplômé d’une école de commerce n’en pouvait plus de gérer le département événementiel d’une société de communication. «J’étais à bout, raconte-t-il. Gérer des salons et des événements pour des clients est certes passionnant, mais je n’avais plus de vie privée. Soirées, week-ends, tout y passait. Certes, le métier est gratifiant, mais je ne me voyais pas consacrer toute ma vie à cela, à moins de créer ma propre entreprise. C’est alors que j’ai rencontré un ami qui venait de lancer sa station radio. Je me suis lancé et j’ai vraiment trouvé ma vocation».
Dans cette histoire, le facteur chance a joué mais tout le monde n’a pas non plus le courage de Jamal. Et, il faut bien le dire, «l’herbe n’est pas verte partout».
Avant tout, pour changer de cap, «il est indispensable de construire un projet professionnel solide, qui tienne compte de ses aspirations et de ses aptitudes», conseille Rollande Allene, caoch et DG du cabinet Formaction. Autrement dit, plutôt que de se lancer dans une aventure hasardeuse, mieux vaut apprendre à se connaître et comprendre ses propres réactions et ses attentes. Pour cela, il y a ce qu’on appelle le bilan de compétences. «Son utilité n’est plus à démontrer» , souligne Nawal Jai. Il s’agit là d’une initiative personnelle. L’autre possibilité est de profiter des évaluations annuelles pour faire le point, demander des possibilités de mobilité interne, une formation pour augmenter ses compétences ou des avantages, si la frustration découle d’un sentiment d’injustice sur le plan de la rémunération... Et si on travaille dans une PME sans système formel d’évaluation des performances, il vaut mieux solliciter son patron pour un entretien.
De l'audace et de la personnalité pour s'en sortir
Durant ces discussions, il ne faudra pas rater l’occasion de mettre en valeur les compétences qui peuvent être utiles à l’entreprise. C’est ainsi que Hamid B. a trouvé sa voie. «A force de faire de la prospection et de harceler les clients pour qu’ils règlent leurs factures, j’ai fini par me lasser mais j’ai pu quand même bien connaître les habitudes des uns et des autres et les pratiques en vigueur sur le marché. Dès que j’ai eu l’occasion de manifester ma lassitude, mon patron m’a proposé d’encadrer une équipe de jeunes commerciaux sur toute une zone géographique. Cette démarche s’est avérée intéressante. Peut-être que dans quelques années je me retrouverai dans la situation initiale, mais actuellement c’est une vraie voie d’épanouissement», raconte-t-il.
La stagnation n’est donc pas une fatalité. Il faut de l’audace et de la personnalité pour la dépasser. Dans la phase finale de sélection, entre deux candidats qui ont une formation et une expérience comparables, la différence se fait de plus en plus sur la personnalité... Que faut-il comprendre par là ? Que les entreprises ne veulent pas de collaborateurs tristes et grincheux. Qu’elles recherchent avant tout des gens qui ont des idées, qui s’affirment et qui prennent des initiatives.
Orientation : Sept moyens pour franchir un palier
Changer d'entreprise. Intégrer une autre structure dès que sa situation professionnelle actuelle est dans l'impasse.
- Avantages : acquérir de nouvelles responsabilités, s'enrichir d'un nouvel environnement.
- Risques : retrouver les mêmes difficultés qu'auparavant.
Jouer la mobilité transversale. Changer de poste selon une périodicité précise pour développer ses compétences. On peut le faire tous les deux ou trois ans.
- Avantages : favoriser des expériences différentes.
- Risques : se perdre dans des services où l'on a peu de chance d'émerger.
Se former. Etoffer son CV à travers des formations reconnues.
- Avantages : élargissement des compétences.
- Risques : pas de retour sur investissement, suivre une formation décalée par rapport aux besoins de l'entreprise.
Créer une entreprise. Etre patron de sa propre entreprise.
- Avantages : choisir la voie de l'indépendance, se forger un esprit d'initiative, développer des compétences managériales...
- Risques : se retrouver sur un créneau peu porteur.
S'appuyer sur un réseau. Faire partie des cercles d'influence dans un secteur d'activité donné.
- Avantages : tisser des relations de travail, partager des idées et les développer.
- Risques : chercher le profit à court terme.
Se positionner lors d'une restructuration. Profiter d'une réorganisation pour se faire une place.
- Avantages : s'ouvrir à de nouvelles responsabilités.
- Risques : hériter?d'un?poste?de moindre envergure.
Accepter une nouvelle mission. Accepter un projet risqué ou de moindre envergure en espérant un renvoi d'ascenseur.
- Avantages : acquérir de nouvelles responsabilités.
- Risques : devenir la cinquième roue du carrosse pour les missions bidon.
La Vie éco
www.lavieeco.com
2011-06-14